L'Eau Sale
8mar/100

L’eau sale @ home : by Emma

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L'eau sale by Emma

De son propre aveu, Emma a lu l'Eau Sale de manière un peu saccadée, mais elle avait des choses plus importantes sur le feu :

son propre roman, Ca va mal finir, est disponible depuis quelques jours !

J'avoue que les quelques pages que j'en ai lu m'ont donné envie de découvrir la suite...

Laissez-vous tenter :

http://www.thebookedition.com/emmanuelle-cart-tanneur-%EF%BF%BDa-va-mal-finir-p-32738.html

6mar/100

En octobre, il y aura du gateau…

En cette période un peu morose, toute info susceptible d'apporter un peu d'excitation est la bienvenue...

Après un buzz assez incoyable, mais qui vous aura probablement échappé, parce que vous êtes normaux, la grande info est devenue officielle hier soir :

Et pour ceux qui ne comprendraient pas ce dont je parle, voici ce que j'écrivais sur la question, il y a quelques années :

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Par delà les murs, le lemming continue...

Portal, en dépit de son statut de démo de luxe ou d'add-on hybride, va rester un titre qui me marquera longtemps. Pas tellement à cause du jeu lui-même, mais de l'esprit qui s'en dégage.

Pour mémoire, Portal est un puzzle FPS. Vous contrôlez un cobaye, un humanoïde, qui est soumis à une série de tests d'agilité et d'intelligence. Sa particularité : une arme qui lui permet d'ouvrir deux portails dans les murs et de se transporter immédiatement de l'un à l'autre. Evidemment, chaque salle à traverser est un défi pour comprendre où placer ses portails afin d'éviter les multiples embûches et débloquer les mécanismes de sortie. Le jeu est court, très, et hormis 4 niveaux qui vont proposer un réel challenge, le jeu se traverse en moins de 3 heures.
En revanche, l'atmosphère qui se dégage du jeu va vous rester en mémoire un bon moment. Car beaucoup de non-dits agrémentent le voyage d'une intéressante vision du monde.

Portal est en effet une expérience sous-jacente, qui se vit au second degré. Dans les premiers niveaux, il y a les questions que l'on ne se pose pas. On joue à un jeu vidéo, à un mélange de Doom et de Lemmings, et le défi s'arrête là. Mais le badinage incessant de l'ordinateur qui suit votre progression, mélange intéressant de Hal-9000 et de Guilty Spark ajoute très vite une couche de flou qui vient se superposer au challenge.

Car après tout, pourquoi êtes-vous là ? L'ordinateur vous remercie d'emblée pour votre participation aux tests et s'excuse par avance pour les éventuels désagréments dentaires qui pourraient survenir. On se sent en confiance, on pense surtout à avancer.
Mais une question insidieuse gagne peu à peu du terrain... « qu'est-ce qu'on fait là ? ».
Car après tout, rien n'indique vraiment que vous êtes là de votre plein gré. Et cette fameuse sortie que l'on cherche de salle en salle, elle mène où, exactement ? Existe-t-elle seulement ?
Et l'ordinateur, taquin, va vite rajouter un élément de trouble en maniant, discrètement, le vieux principe de la carotte et du bâton.

Un sentiment de malaise va croissant, et la paranoïa s'installe. Cette « expérience » a-t-elle une fin ? Une sortie ? Quoi de plus paradoxal que cet univers où l'on peut se créer ses propres portes mais dont on ne sort jamais ?
Et finalement, au milieu de l'aventure, les premiers signes donnant raison à la paranoïa apparaissent. L'envers du décor se laisse apercevoir le temps de quelques minuscules « faille dans le système », et le ton rassurant de l'ordinateur devient alors terriblement détestable ?

Quelle est la sortie prévue, finalement ? L'extérieur, ou l'abattoir ?

Sous ses airs de ne pas y toucher, Portal nous place devant un sujet de réflexion intéressant. Empreint de l'esprit HL2, le monde décrit par Valve est une trahison permanente. A mi-chemin entre le questionnement isolé posé par « Cube », un humour omniprésent à la « Brazil » et le contrôle absolu de ses moindres gestes cher à « 1984 », le joueur est placé dans un univers retors, déjanté et finalement aussi malsain qu'il peut paraître aseptisé. Surveillé, encouragé ou raillé, le personnage subit les niveaux d'un univers clos, et les petites victoires qu'il gagne sur lui-même en se satisfaisant de son intelligence (car certains mécanismes sont quand même bien tordus) ne sont rien en comparaison de la sensation de perversité qui se dégage de l'ensemble. Il y a un but à accomplir, certes, atteindre la fin de l'expérience, traverser la 19e salle. Mais cela suffira-t-il à répondre aux questions ?

Sur un plan philosophique, la réussite est totale. Notre personnage ouvre des portes dans les murs au même rythme qu'il se sent de plus en plus enfermé dans un univers hostile. Alors que l'ordinateur lui conseille d'abandonner, le personnage avance, s'obstine. Esprit de contradiction ou curiosité malsaine ?

Et cette voix robotisée... S'agit-il d'un ordinateur qui joue ou d'un humain tout aussi détraqué ? Dans chaque salle on voit, dans le lointain, des bureaux désertés... Qui est le responsable de cette expérience ?
Une seule façon de le savoir : faire ce qui est interdit dans un jeu vidéo. A savoir : visiter l'envers du décor, sortir du cadre et devenir indépendant. Quoi de plus gratifiant, de plus inventif, finalement, que de suivre les méandres d'un délire de programmeur, qui vous invite à réfléchir quelques secondes sur votre vie de héros bien discipliné, prêt à tous les massacres, à toutes les tortures, simplement parce qu'on lui a dit que les choses étaient « comme ça ».

Mais que se passerait-il si Sonic n'avait plus envie de courir n'importe où, si Mario refusait d'aller chercher la princesse ?
Portal, dans toute sa rapidité, de par son aspect éphémère, vous propose l'impensable : refuser de jouer le jeu.
Expérience ultime et grisante... à prendre au second degré.

Et je prendrais bien une part de gâteau, s'il en reste...

6mar/100

L’eau sale / Redemption : Jour 6

J'ai relu et modifié des passages dans le désordre. Je tente de privilégier un peu l'action sur la réflexion. Plutôt que de dire ce que Julia a en tête, j'essaie ici ou là de le faire deviner au moyen d'une action beaucoup plus neutre dans la description. C'est une manière de marteler un peu moins les choses, de les rendre peut-être plus intuitives.

J'évite cela dit de trop retoucher au truc. Je prends des passages, un peu au hasard, que je lis et que je rature. Mais je ne reporte pas nécessairement l'ensemble de mes corrections.

Je crois que j'en arrive à un point délicat de ma vie, et cela impacte sur mon écriture, sans assurance et se désirant plus légère, plus floue. Mais je ne sais pas si je dois utiliser cette légèreté nouvelle pour l'eau sale ou pour autre chose.

Je pourrais sans doute donner à ce roman un éclairage plus profond mais moins acharné. Mais je ne sais pas si c'est souhaitable.

Je crois que l'eau sale est prête à aller voir les éditeurs.

Mais moi ?

J'ai envie de me confier, de faire part de ma détresse. Simple spleen ou plaies plus profondes, je ne sais. Plus je me soigne, plus je me demande s'il reste des choses à soigner.

A suivre, sans doute.

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4mar/100

L’eau sale / Redemption : Jour 4

Pas mal avancé.
Mais j'ai des regrets : en une nuit de taff j'abats plus de travail qu'en 3 jours. La nuit crée véritablement un environnement particulier pour travailler, à la fois rassurant et effrayant. J'aimerais tant travailler de nuit... M'isoler et avancer à un rythme plus soutenu.

Pour l'eau sale, je reprends les passages, un peu au gré de l'humeur. J'allège un peu le trait, j'essaie d'être un peu plus dans la subtilité, ici ou là. Ca tient le plus souvent à quelques détails, quelques adjectifs en moins, quelques descriptions physiques qui viennent en lieu et place de pensées affichées.

Julia erre sur les routes.
Je la suis à la trace.

J'essaie, en tout cas.

1mar/100

L’eau sale / Redemption : Jour 1

Mea culpa very much, j'avais promis des news et j'en ai pas donné. Pas cool de ma part, j'avoue.D'autant plus qu'il se passe des choses.

Depuis un mois et demi que le roman a été diffusé ici ou là, j'ai reçu de nombreux avis. Certains d'entre eux ont été particulièrement déterminants et sont arrivés en fin de semaine dernière.

Le premier m'a indiqué que mon agent infiltré dans le monde de l'édition avait beaucoup aimé le roman et qu'elle était disposée à m'accompagner dans mes démarches de recherche d'éditeur. Pour moi c'est une réaction très importante car c'est un avis professionnel et qui répond à un critère qui me posait jusque là problème : l'eau sale est il publiable ?

Je n'ai jamais eu l'intention de gagner le Goncourt avec, car il est clair que le roman s'adresse à un public à la fois averti et volontaire. Tout le monde ne peut pas lire l'eau sale, de la même manière que tout le monde ne peut pas le comprendre.
Je reste dans mes influences, Easton Ellis / Selby / Williams et (assumons un peu) Despentes, et c'est à un public à la fois underground et endurant que j'adresse mes lignes. J'aimerais qu'on sorte du roman comme on sortirait d'un David Lynch, à la fois un peu écoeuré, épuisé, mais avec l'envie de replonger dès que possible.

Ce public là existe et certains lecteurs me l'ont clairement fait comprendre. Ils se sont sentis asphyxiés par le roman mais ils ont aimé cet abandon de soi. D'autres, pas du tout. On m'a beaucoup dit que le roman demandait "des efforts", comme s'il s'agissait d'une critique. Mais c'est moi quelque chose qui me fait plaisir, au contraire, même si j'ai bien conscience que cela l'exclut de bon nombre de maisons d'éditions. Le roman demande des efforts de la part du lecteur, c'est un fait. Est-ce un drame ? Est-ce qu'il ne vaut pas mieux se perdre une heure durant dans les méandres de Guernica plutôt que de se vautrer dans les errements de la Ferme des Célébrités ?

Okay, c'est facile.

Donc...

J'ai rouvert mon fichier qui datait du début d'année, j'ai créé une nouvelle session de travail. "Redemption". Et me voici parti pour une nouvelle période de corrections, sans doute très courte, avant l'envoi du roman aux éditeurs potentiels. J'espère avoir bouclé la chose avant la semaine prochaine.

Je suis en train de rassembler l'ensemble des remarques qui m'ont été faites, tant sur les coquilles que sur quelques incohérences (merci Nicolaï !) et je vais m'employer à produire une nouvelle version de l'eau sale, expurgée de ces quelques fautes mineures.

Je suis allé faire un petit tour chez Ikéa afin de me créer un environnement de travail un peu plus aéré. Voici précisément où je suis au moment où vous lirez ces lignes.

A Marseille il fait beau.

Je suis en train d 'écrire.

Tout va bien.

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