L’eau sale @ home : by Alto Cello
J'espère que chacun ici présent entendra très vite parler d'Alto Cello, qui peut se vanter de cumuler les fonctions d'écrivain et d'ami... Il a trouvé quelques heures loin de son propre manuscrit pour aller se noyer dans l'eau sale... et la foutre en bordel. Merci pour cette très belle photo, typique du vomissement de l'eau sale, et à très vite sur les rayons des libraires !!
(bon, évite de me piquer MES lecteurs, quand même, hein...)
Publier l’eau sale…
J'ai déjeuné jeudi avec mon agent infiltré : l'eau sale va faire son entrée dans le merveilleux monde de l'édition dans les prochains jours. fallait bien que ça arrive.
Le roman est donc dans une version achevée depuis quelques jours. Je ne dis pas que deux ou trois virgules pourraient être mieux placées ici ou là, mais globalement le monstre tient la route.
Arrive donc ce merveilleux moment où l'on soumet le roman à celui qui va prendre la décision, ou non, de le publier. Je dis bien "celui", car contrairement à mes éminents collègues (parmi lesquels l'inénarrable Neil Thomas, qui s'en vante sur son blog), je n'envoie qu'un manuscrit. Certains, en effet, impriment 10 ou 15 (ou 28, pauv tâche) exemplaires de leur chef d'oeuvre et mitraillent les éditeurs presque au hasard, en espérant que "ça va passer".
Vaste connerie, étant donné que les éditeurs sont assez proches les uns des autres pour savoir ce que chacun a dans ses cartons, et découvrir qu'on est en train de lire le même manuscrit est toujours d'un très mauvais effet
Le truc, c'est de cibler. Pas un peu. Pas vaguement. Cibler A MORT. Choisir un éditeur. Un seul. Parce que c'est lui. Parce que les romans qui vous ont influencé viennent de chez lui. Parce qu'il ne saurait en être autrement. Lui envoyer le manuscrit. lui dire pourquoi on l'a choisi LUI, et pas un autre, en toute sincérité. Et s'il refuse, en choisir un autre. Doucement. Tranquillement. Rester fluide dans ses envies.
Donc je bosse. Je regarde ma bibliothèque. Fort peu fournie au demeurant. Je regarde les auteurs que j'aime. Les américains. Les quelques français. Je note. Qui a pris le risque. Je pense à l'éditeur. Sans lui, je n'aurais pas pu connaître cet auteur.
Du coup, je pense à vous, qui m'avez lu. Peut-être, sans doute, l'eau sale vous a t-elle évoqué un autre roman, un peu du même style. "Tiens, ça me rappelle un peu...". Si c'est le cas, pourriez vous m'envoyer par mail le nom des romans en question, et si possible leurs éditeurs. Cela me permettra d'établir une cartographie intéressante des auteurs et éditeurs "dans mon rayon"
Cela m'aidera beaucoup.
Ensuite il y aura la lettre d'accompagnement à rédiger. Exercice imposé, où il n'est ni question de planer ni de se mettre à genoux.
Et puis, le premier envoi. Sans doute la semaine prochaine.
Puis viendra l'attente
La première.
L’eau sale @ home : by Mel
Mél m'a confié avoir eu besoin d'air, à la lecture de L'eau sale, si poisseuse, si déprimante. Aussi, elle l'a gentiment déposée sur un fond d'écran aérien et ouvert, afin de pouvoir respirer à pleins poumons. Je trouve l'idée simple, belle, sublime...
Merci à toi, pti soldat.
L’eau sale @ home : by Emma
De son propre aveu, Emma a lu l'Eau Sale de manière un peu saccadée, mais elle avait des choses plus importantes sur le feu :
son propre roman, Ca va mal finir, est disponible depuis quelques jours !
J'avoue que les quelques pages que j'en ai lu m'ont donné envie de découvrir la suite...
Laissez-vous tenter :
http://www.thebookedition.com/emmanuelle-cart-tanneur-%EF%BF%BDa-va-mal-finir-p-32738.html
En octobre, il y aura du gateau…
En cette période un peu morose, toute info susceptible d'apporter un peu d'excitation est la bienvenue...
Après un buzz assez incoyable, mais qui vous aura probablement échappé, parce que vous êtes normaux, la grande info est devenue officielle hier soir :

Et pour ceux qui ne comprendraient pas ce dont je parle, voici ce que j'écrivais sur la question, il y a quelques années :
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Par delà les murs, le lemming continue...
Portal, en dépit de son statut de démo de luxe ou d'add-on hybride, va rester un titre qui me marquera longtemps. Pas tellement à cause du jeu lui-même, mais de l'esprit qui s'en dégage.
Pour mémoire, Portal est un puzzle FPS. Vous contrôlez un cobaye, un humanoïde, qui est soumis à une série de tests d'agilité et d'intelligence. Sa particularité : une arme qui lui permet d'ouvrir deux portails dans les murs et de se transporter immédiatement de l'un à l'autre. Evidemment, chaque salle à traverser est un défi pour comprendre où placer ses portails afin d'éviter les multiples embûches et débloquer les mécanismes de sortie. Le jeu est court, très, et hormis 4 niveaux qui vont proposer un réel challenge, le jeu se traverse en moins de 3 heures.
En revanche, l'atmosphère qui se dégage du jeu va vous rester en mémoire un bon moment. Car beaucoup de non-dits agrémentent le voyage d'une intéressante vision du monde.
Portal est en effet une expérience sous-jacente, qui se vit au second degré. Dans les premiers niveaux, il y a les questions que l'on ne se pose pas. On joue à un jeu vidéo, à un mélange de Doom et de Lemmings, et le défi s'arrête là. Mais le badinage incessant de l'ordinateur qui suit votre progression, mélange intéressant de Hal-9000 et de Guilty Spark ajoute très vite une couche de flou qui vient se superposer au challenge.
Car après tout, pourquoi êtes-vous là ? L'ordinateur vous remercie d'emblée pour votre participation aux tests et s'excuse par avance pour les éventuels désagréments dentaires qui pourraient survenir. On se sent en confiance, on pense surtout à avancer.
Mais une question insidieuse gagne peu à peu du terrain... « qu'est-ce qu'on fait là ? ».
Car après tout, rien n'indique vraiment que vous êtes là de votre plein gré. Et cette fameuse sortie que l'on cherche de salle en salle, elle mène où, exactement ? Existe-t-elle seulement ?
Et l'ordinateur, taquin, va vite rajouter un élément de trouble en maniant, discrètement, le vieux principe de la carotte et du bâton.
Un sentiment de malaise va croissant, et la paranoïa s'installe. Cette « expérience » a-t-elle une fin ? Une sortie ? Quoi de plus paradoxal que cet univers où l'on peut se créer ses propres portes mais dont on ne sort jamais ?
Et finalement, au milieu de l'aventure, les premiers signes donnant raison à la paranoïa apparaissent. L'envers du décor se laisse apercevoir le temps de quelques minuscules « faille dans le système », et le ton rassurant de l'ordinateur devient alors terriblement détestable ?
Quelle est la sortie prévue, finalement ? L'extérieur, ou l'abattoir ?
Sous ses airs de ne pas y toucher, Portal nous place devant un sujet de réflexion intéressant. Empreint de l'esprit HL2, le monde décrit par Valve est une trahison permanente. A mi-chemin entre le questionnement isolé posé par « Cube », un humour omniprésent à la « Brazil » et le contrôle absolu de ses moindres gestes cher à « 1984 », le joueur est placé dans un univers retors, déjanté et finalement aussi malsain qu'il peut paraître aseptisé. Surveillé, encouragé ou raillé, le personnage subit les niveaux d'un univers clos, et les petites victoires qu'il gagne sur lui-même en se satisfaisant de son intelligence (car certains mécanismes sont quand même bien tordus) ne sont rien en comparaison de la sensation de perversité qui se dégage de l'ensemble. Il y a un but à accomplir, certes, atteindre la fin de l'expérience, traverser la 19e salle. Mais cela suffira-t-il à répondre aux questions ?
Sur un plan philosophique, la réussite est totale. Notre personnage ouvre des portes dans les murs au même rythme qu'il se sent de plus en plus enfermé dans un univers hostile. Alors que l'ordinateur lui conseille d'abandonner, le personnage avance, s'obstine. Esprit de contradiction ou curiosité malsaine ?
Et cette voix robotisée... S'agit-il d'un ordinateur qui joue ou d'un humain tout aussi détraqué ? Dans chaque salle on voit, dans le lointain, des bureaux désertés... Qui est le responsable de cette expérience ?
Une seule façon de le savoir : faire ce qui est interdit dans un jeu vidéo. A savoir : visiter l'envers du décor, sortir du cadre et devenir indépendant. Quoi de plus gratifiant, de plus inventif, finalement, que de suivre les méandres d'un délire de programmeur, qui vous invite à réfléchir quelques secondes sur votre vie de héros bien discipliné, prêt à tous les massacres, à toutes les tortures, simplement parce qu'on lui a dit que les choses étaient « comme ça ».
Mais que se passerait-il si Sonic n'avait plus envie de courir n'importe où, si Mario refusait d'aller chercher la princesse ?
Portal, dans toute sa rapidité, de par son aspect éphémère, vous propose l'impensable : refuser de jouer le jeu.
Expérience ultime et grisante... à prendre au second degré.
Et je prendrais bien une part de gâteau, s'il en reste...
