L'Eau Sale
28oct/080

Deux heures de sommeil…

Et une chanson, en boucle... Qui m'apaise autant qu'elle ne me questionne. Qui me renvoie chez Selby, qui me fait déborder chez Miller. Qui contient plus de lumière qu'on ne le pense.

Encore faut-il y voir clair...

Encore faut-il avoir le courage de regarder.
Encore faut-il avoir le courage d'avoir peur.
Celui de ne pas prendre la fuite.
Pas tellement celui d'assumer ce que l'on est.
Plutôt ce que l'on va être.

Encore faut-il avoir envie.
Ne pas perdre la trame.
L'important.
La main sur le coeur de l'autre.
Plutôt que sur le sien.

Encore faut il avoir peur.
Pour bien mesurer.
La délicatesse de l'enjeu

"Candy came from out on the island
In the backroom she was everybodys darling

But she never lost her head
Even when she was given head
She said..."

26oct/080

Chapitre de merde, bouquin de merde !

...s'exclame l'écriveur en colère.

Bon, ça ne va pas.
Ne va pas. Ne passe pas. Ne coule pas.
(ne rayez pas les mentions, elles ne sont pas inutiles)

De l'encre, bordel ! Un roman, ce n'est jamais qu'une grosse tâche d'encre sur du papier blanc. (oui, le circonflexe est là exprès).

Avec ce chapitre 2, on se regarde en chien de faïence. C'est comme un jeu, à force.

Hésiter, rafistoler, tenter. Tourner en rond. Se résoudre. Chapitre tout pourri, en travers du chemin. Enfin... pas pourri... Juste... pas... comme il faudrait...

Et comment faudrait-il qu'il soit ? Bonne question. Autrement, différent.
Je ne le sens pas. Y'a quelque chose de faux. Sonne creux. Vide. Raccourci. Ou alors trop long. Fuck fuck fuck fuck fuck fuck FUCK !

La colère s'accumule. Frustration. Idées décousues. Pas comme je voudrais. Sans savoir comment je veux.
Vous n'imaginez pas le supplice. Dans la tête la vision est fluide, limpide. Sur le papier, c'est brouillon et répétitif. Traduire sa propre pensée, au secours !

Quand les idées sont trahies par les mots, c'est douloureux. Je ne sais pas comment dire les choses autrement. Faudra bien que j'y arrive.

Donc...

On efface. On repense. On redéfinit.

J'en bave sévère.

Comme ça, c'est rien de le dire. C'est mon taff, je sais, je sais. Caliméro, je sais, je sais.

N'empêche... Poumons compressés. Pression, frustration, angoisse, impression d'être muet, handicapé, incapable de m'exprimer. J'arrive pas à trouver les mots. J'y arrive pas.

J'en bave sévère.
J'aimerais juste que quelqu'un, n'importe qui, mesure ça.
Pas pour qu'on me plaigne, non non. Personne ne m'a mis là. M'y suis mis tout seul.

Mais...

Pour qu'on me comprenne. Un peu.

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24oct/080

Cecile…

Il y a des gens, des rencontres, qui changent votre vie. Des gens qui vous accompagnent, bon gré mal gré, au fil des années, qui vous suivent de près ou de loin. Et quand on fait le compte du temps qui défile, en dépit de longues zones de silence, on réalise que certains tiennent le choc… et qu’ils sont toujours aussi indispensables.

Des gens à qui l’on est, et demeure, redevables. Comme Cécile.

Je raille parfois un commentaire qu’elle m’a un jour fait sur l’air triste des ombres. C’est facile, mais c’est un peu stupide de ma part.

Hier soir, j’ai longuement feuilleté mes premiers runs de Cœurs de Neige, et cela m’a replacé dans la réalité des choses : sans les commentaires de « ma petite donneuse de leçons », il n’y aurait pas eu de roman. C’est aussi simple que cela.

Le premier jet était tellement pataud, lourd, maladroit, qu’il me décourageait un peu plus à chaque relecture… Je suis tombé sur des passages entiers totalement illisibles qui me font rire avec le recul…

Et Cécile était là, corrigeant, raturant, relisant à grand peine, subissant mes foudres et mes commentaires vexés. Et pour une remarque un peu sèche que je mets en avant aujourd’hui, combien d’autres sont totalement justifiées et énumérées avec une diplomatie certaine ?

A l’aube des premières versions « lisibles » de l’Eau Sale, je frémis d’angoisse… J’espère que toujours je saurai m’attirer la patience et la sympathie de ces essentiels donneurs de leçons, qui n’ont pas peur d’user leur stylo rouge sur mes textes, de mettre à l’épreuve leur amour et leur amitié, pour une cause peut-être perdue d’avance, mais en laquelle ils ont envie de croire le temps de quelques pages…

So.....

Merci à toi.

23oct/080

Perfect evening

Je reste dans le souvenir, pas si longtemps, d'une très belle soirée. Il y a des soirs, comme ça, où la légèreté l'emporte sur tout. On trinque dans le vide, sans tristesse, tout à la joie d'être vivant, de ressentir. On boit une gorgée, sur un fond de musique jazzy, on s'allonge, on se dit que les choses pourraient tourner plus mal... On regarde le téléphone du coin de l'oeil. Peut-être va t-il se risquer à sonner ?

Ma vie a tellement changé depuis un an et demi que je perds la trace des souvenirs et des cauchemars. Droit devant, le soleil se lève.

Tchin !

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23oct/080

Survie quotidienne

Je ne dirais pas que l'Eau Sale est en cale sèche, mais il est certain que je n'avance plus qu'à pas très feutrés, ces jours-ci. Prise de notes dans le métro, visualisation de certaines scènes... Mais le fichier Word reste clos.

Je me réhabitue doucement à la vie de salarié, et il n'a pas fallu longtemps avant que je ne réinstalle mon bordel nécessaire à une douce survie quotidienne...

Dans deux semaines, ça va être plus hardcore :