Fucked up
Et encore une session toubib/labo/prise de sang dans l'angoisse de la grisaille parisienne...
Mal en point, mal foutu, je vous passe les détails. Frissonner sur les trottoirs, se dire que j'ai vu plus de médecins en un an qu'en 10 ans..; Se faire triturer sous toutes sous coutures. Perplexité. Angoisse. Silences.
Trop remis à plus tard ? Il est des rencontres qu'on ne peut se permettre d'ignorer indéfiniment.
Je crois que je ne me sens pas très bien.
A vous, qui passez sans vous laisser voir…
Hervé m'annonce ça comme ça, sur le ton de la conversation, tranquille. Zen, je vous dis... De la même façon qu'il me raconterait sa journée d'hier. « Donc tu vois, j'ai voulu m'ouvrir les veines mais les lames étaient émoussées donc je me suis juste fait un bleu, ensuite j'ai cherché une corde pour me pendre mais je n'ai trouvé que la laisse du chien et c'était trop court, et quand j'ai voulu prendre un bain avec mon sèche-cheveux, y'a eu une panne EDF ».
Ca, au moins, j'ai l'habitude, ça me distrait souvent avant d'aller me coucher, et sa voix désabusée est une merveille pour vous annoncer ce genre de nouvelles :
« Hier Aurélie (son ex femme) m'a appelé... Je lui ai dit que je l'aimais. Elle m'a répondu qu'elle avait besoin de la voiture. ».
(C'est un classique, mon personal best 2008, que j'ai dû entendre... allez, 10 fois ?) ![]()
Des heures et des heures de rire, si si !
Mais là, Hervé n'a pas sa tête des mauvais jours. Plutôt un air malicieux. Et il me balance cette phrase de manière si anodine que je ne réagis pas. Mieux : cela ne me concerne pas.
Ce qu'il me dit, c'est : « Tiens, Véro m'a écrit ».
Sur le coup, je me dis que j'ai raté un épisode, qu'il a rencontré une demoiselle sans me le dire, une amoureuse de ses gros muscles et de son air enjoué... Je vois d'ici la rencontre, au Café Populaire de Bordeaux, pendant que la foule chante « Viva Españññññññññññaaaa » et fait tourner les serviettes. (Au secours : j'en cauchemarde encore, heureusement que j'ai pu déguster le DERNIER Mojito de la boîte pour atténuer l'impact). J'imagine « Véro », gentille allumeuse franchouillarde, toute fine, qui finit péniblement son BTS Action-Co, vient de se séparer d'avec son copain avec qui elle a passé 3 ans, fantasme grave sur les motards et ... euh...
Je m'égare.
Je m'égare, parce que l'œil amusé d'Hervé en dit long. Il y a quelque chose à comprendre, aussi je me répète la phrase. « Tiens, Véro m'a écrit ».
Ca ne peut pas être lié à moi, je ne connais pas de Véro. J'ai beau faire défiler mon bestiaire, aucune Véronique ne me vient à l'esprit. A part celle des Inconnus, qui a 26 ans et qui rêve de devenir caissière à Mammouth. Ou alors si, celle qui faisait son jogging à côté de Davina, quand j'étais piti, mais pas de chance, j'étais amoureux de Davina.
Hervé me regarde. Insiste. « Véro. Belgique. »
!!!!!!!!!!
Véro ? « La » Véro du Polnaweb ?
- Comment c'est possible qu'elle t'écrive... Je n'ai plus aucune nouvelles depuis... 5-6... 7 ans ?
- Ben elle m'a trouvé depuis ton blog...
- Depuis MON blog ? Mais qu'est-ce qu'elle fout là ?
- Ben apparemment, elle a toujours plus ou moins suivi ce que tu faisais, de loin... Là elle a trouvé ton blog, a trouvé le mien, et elle m'a prise en pitié.
- Oui, ça c'est pas très difficile... mais putain ! Véro ! Le Lt Véro ! Je revois encore ses messages et les photos qu'elle m'avait envoyé... Ca alors !
Alors déjà, coucou Véro
C'est un plaisir de te savoir ici.
Mais surtout, ça ouvre des perspectives ! Combien de visiteurs silencieux viennent ici, sans jamais laisser de traces, me lire d'un œil curieux une fois de temps en temps ? Combien de personnes issues de mon passé viennent tremper les lèvres dans l'eau sale et disparaissent avant qu'on ne les y voie ?
Si ça se trouve, j'ai un fan club et je suis même pas au courant !
Tiens, ça c'est une putain d'idée... le fan Club officiel Olivier F. Thomas... Avec la possibilité d'envoyer vos dons via Paypal... de monter une boîte de prod... de se faire un max de thunes... et.. et... je me calme...
Une pensée tendre et pleine de souvenirs pour Véro, donc, mais aussi pour tous les silencieux qui passent me rendre visite, de temps en temps... Cela me touche infiniment d'être encore dans votre mémoire et de faire partie de vos lectures attendues...
Merci à tous d'être là, même sans le dire.
:-*
Chapitre un, encore
Je suis un grand malade. Si si, j'en ai conscience. Je me souviens avoir écrit ici même, que le chapitre 1 me semblait tenir debout. Je ne sais pas ce que j'avais fumé, sans doute un truc un peu plus violent que mes habituelles Marlboro 100's, parce que j'ai passé mon dimanche sur cette saloperie de chapitre 1, bah il était juste TOUT POURRI !
Donc coup de déprime, coup de gueule, coup d'orgueil, et j'ai passé mon dimanche dessus. Après ça pose nécessairement la question rituelle : quand on corrige, on améliore ou on empire les choses ?
Pfff, si vous saviez à quel point je déteste cela... Corriger. Se relire. Affiner, dégrossir. Pour moi c'est un calvaire. Toute ma médiocrité qui m'explose à la gueule, boum !
Cela dit, il est toujours rassurant de parvenir à travailler. J'ai un chapitre 1 qui me parait désormais solide et terminé. C'est sans doute dû au fait que... je n'ai pas encore relu la dernière version
Donc wait & see pour de nouvelles désillusions, surtout que je me suis permis un truc encore inédit. Vous savez, le genre d'idée qui semble vraiment sympa sur le moment, et qu'on raye rageusement à la correction en se disant "euh, tu pensais à quoi quand t'as écrit cela, garçon ?"
Mais au final... ça avance.
Le chapitre 2 s'annonce déjà. Et avec lui, pas de surprise, je sais DEJA qu'il doit être totalement réécrit.
J'en ris d'avance.
Un peu de mal…
...à enchainer les portes.
Encore une de ces journées où tout me semble vide et vain, froid et futile. Envie de rien, sensation de décalage par rapport à tout ce qui m'entoure.
Regarder les gens, se presser, achats de Noël, avoir envie, café, hésiter, ne pas rentrer, regarder les affiches, trouver que les frères Coen ont réussi/raté leur coup, avoir envie d'autre chose, s'imaginer, refaire son CV, racheter du pain, se stresser pour envoyer la newsletter, chercher le chargeur du téléphone, trouver qu'il ne fait pas beau, ne pas avoir envie de se lever, reprendre un verre, trinquer dans le vide, se souvenir de tout/de rien, guetter, avoir mal au dos, avoir mal au coeur, sortir du métro, se prendre le vent dans la tête, se sentir étranger en terrain connu, se sentir seul, se sentir vraiment seul, relever ses mails, ne rien avoir reçu, juste un SMS, qui ne dit rien, juste des gens, qui ne savent rien, qui ne savent pas qui vous êtes, qui ne veulent pas savoir CE que vous êtes, qui ont peur, qui ont raison, alors ne pas s'inquiéter, ne pas prendre ombrage, juste traverser les rues, sans regarder, sans faire attention, comme ça, comme rien, comme tout ce qui n'aurait pas d'importance lors de l'impact, lors du coup de frein, lors de la vitre qui explose, lors des côtes qui s'enfoncent sous la chair, juste avancer, juste avancer sans cesse, frapper l'air de ses poings, pour de faux, juste dans la tête, juste dans le vide, pour marquer son espace, pour dire attention je suis encore là, hésiter, renoncer, avancer quand même, se demander, juste se poser la question, avoir la réponse.
Pas envie.
And all the drugs in the world
Cant save us from ourselves
Victims with the saddest hearts
Passing by the grace of god
There by the grace of god
Bye bye, Vincent…
Bon, voilà, ayé, je viens de tuer un personnage.
Cela ne m’aura pris au final qu’un trajet de métro, qu’une lente récapitulation du plan. Entre Nation et Strasbourg Saint-Denis, on va dire.
Un trajet en métro qui sera fatal à Vincent. Enfin, non, Vincent va bien, je vous rassure. Il est dans une voiture avec Julia. Mais disons qu’il va devenir muet. Avant il racontait sa vie, maintenant il se tait. Chut, j'ai dit !
L’un des soucis de la première partie du roman, c’est qu’elle doit être relativement courte, fluide, et simple dans sa narration. L’idée de multiplier les narrateurs est toujours tentante quand on veut cerner un instant donné sous de nombreux angles mais cela ne peut que compliquer la vie du lecteur, qui va passer 3 ou 4 phrases à se demander qui parle. Eh oui, n’est pas Easton Ellis qui veut (lire l’excellent « Zombies »).
L’idée, au départ, c’était de démarrer avec le personnage principal en chap1, sa compagne en chap2, et l’amant en chap3, à nouveau le personnage principal en chap4, etc.
Mais soyons francs (et forts, surtout). Vincent n’a qu’un chapitre pour lui, on ne le revoit pas de tout le roman, et même si le fait de passer par lui était pratique pour éviter de rentrer trop directement dans la psyché de Julia pour la narration d’une scène délicate, le caractère de Vincent est finalement trop proche de celui de Thomas et il n’est pas super utile de savoir ce qu’il a dans la tête.
Donc, c’est Julia qui va raconter.
Alors... Bye Bye Vincent.
Un chapitre de plus à réécrire, youpi !
