La page 1
By OFT
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Dans le TGV qui me ramène chez moi, le mal de crâne amplifie la sensation d’être meurtri. Les petites révélations, toujours les mêmes, hantent mon esprit, tournent, perforent, dévastent.
Présent, réel, maintenant :
J’ai 35 ans, je gagne très mal ma vie en écrivant des textes sans intérêt pour une société sans intérêt, et je ne suis pas foutu de boucler ce second roman qui accapare chacune de mes pensées. Je ne sais pas prendre soin de moi, je me pousse volontiers au-delà de ce que mon corps me paraît pouvoir endurer, et je me sens souvent brisé, épuisé, rongé de l’intérieur.
Je suis également d’humeur profondément changeante et imprévisible, obéissant à des logiques d’autopersécution et de culpabilité constante dont j’ignore (de moins en moins) les raisons.
Le mal qui vit en moi est aussi présent que la barbe qui me gratte les joues ou que l’eau qui me tombe des yeux.
Et je lutte, parfois, en écrivant.
Un roman...
Toujours le même.
L’Eau Sale en est à la page 18 de sa quatrième version. Assez peu de changements dans le premier chapitre, nettement plus dans le second. A la relecture, je trouve mes phrases lourdaudes, nombre de détails inutiles et le « lissage » des paragraphes très imparfait. Je sais que cela pourrait tout à fait passer pour un vulgaire caprice, pour un souci de perfection impossible à atteindre. Mais vous vous trompez. Je ne cherche pas la perfection, je cherche à atteindre un moment où je pourrai considérer que l’Eau Sale ressemble un tant soit peu à ce que j’ai en tête.
Et parfois, sur certains passages, je vous assure que je suis assez content de me relire. Fluidité, force, mouvement. Tout est en place.
Sur d’autres, chargés de digressions aussi foireuses que pédantes, d’effets scabreux mal maitrisés à la recherche d’une triste surenchère, je réalise que si j’étais éditeur, je cesserais ici cette aventure.
Ne vous y trompez donc pas. Couche après couche, je repeins un monde qui me ressemble un peu plus. La difficulté, pour moi, c’est d’accepter, presque sans transition, de passer du plaisir d’un sentiment « d’avoir fini » à la douloureuse réouverture du fichier à la page 1.
Tout recommencer.
Encore.
Après 18 mois de travail quotidien.
Recommencer.
Cela me déprime intensément, comme un combat perdu d’avance. Et pourtant, sans en comprendre la raison, je résiste au désir de tout effacer, de tout foutre en l’air, et de décréter un nouvel An 0 à mon existence.
Les tentations sont grandes de me disperser, d’aller chercher les plaisirs et la joie de vivre là où ils sont. Mais je ne le fais pas. Je reprends ma page 1, dans un délire masochiste dont moi seul ait le secret.
Je ne sais pas comment, ni dans quel état, je vais me sortir de là.
Putain…

A l'origine, je devais aller m'acheter un jeu vidéo. Je ne sais pas lequel... Assassin's Creed, Modern Warfare, Blood Bowl... Peu importe à la limite. Désir compulsif d'achat, en dépit de mes impôts à payer, en dépit de mon envie de faire des cadeaux, en dépit de ma capacité à être moi.
Au lieu de cela, je suis descendu dans une salle de réunion, pour relire tranquillement mon premier chapitre.
Grosse claque dans la gueule : il est illisible.
Deux phrases sans le moindre sens, une quinzaine d'approximations, des lourdeurs un peu partout.
Un peu envie de pleurer, un peu envie d'abandonner.
J'ai repris les corrections, au premier mot.
Une quatrième version, donc.
Hervé, Cécile, laissez tomber, j'ai fait n'importe quoi, le texte n'est pas prêt.
C'était si pratique de vanter la fin d'une version...
Mais la vérité, c'est que rien n'est fini. Le texte est bancal, incomplet, illisible.
Gros coup au moral.
Putain.
Lire l’Eau Sale ?
By OFT
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Je suis halluciné de ma capacité à me paralyser. Vraiment. Un coup de spleen, et hop, je passe en mode léthargie. Cet après-midi, par exemple, j'étais en RTT.
J'aurais pu profiter du soleil, écrire, avancer, vivre.
Mais non, j'ai préféré errer dans mon appartement, avec la bienveillante excuse d'un mal de dos (tout à fait réel, lui, hélas) pour ne rien faire.
En fait, je suis obsédé par la question de l'eau sale et par mon incapacité à déterminer ce que je dois en faire. Je sais que j'ai besoin de le relire (et j'ai pas envie), aussi je me défausse sur les lecteurs.
Et le faire lire, okay, mais comment ?
Balancer un PDF est en tout point très peu satisfaisant. Reste donc des versions papier. Mais bon, 270 pages A4 à relier, si je reste sur le tarif de Coeurs de Neige, c'est vraiment hors de prix pour moi.
Bref, je ne suis pas plus avancé.
Des idées ?
Je ne sais pas quoi faire…
By OFT
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Etrange sensation, ce matin, où je pourrais me lancer dans tellement de directions que je ne parviens à en choisir aucune. Imprimer un peu d'eau sale pour la relire stylo en main ? Me lancer dans le coquin appel à textes suggéré par Eva ? Relire consciencieusement les textes finalistes du concours skyprods ? Travailler sur Case prison, relire les textes de mes compagnons d'infortune ? Lister les concours de nouvelles du moment et participer ?
Je tourne et je retourne et je me détourne.
En attendant, consciencieusement, je m'occupe du Blog. Anciens articles remis en ligne, un par un, à la mimine. Nouveau header. Playlist.
Par la fenêtre, le soleil plaque la ville dans une torpeur inattendue pour une fin novembre. Dans la rue, les gens sont en chemise légère et lunettes de soleil. 19 degrés à l'ombre de cette nouvelle vie.
Derrière moi des gens s'agitent, rient, planifient... Avec enthousiasme, un pitichien invité mordille mes espadrilles.
Ca sent le départ. Je ne bouge pas.
Je me dis que, tout près d'ici, il y a.
La plage.
Around Dirty Water – Playlistons ensemble !
By OFT
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Tadam ! Je viens de créer une playlist "Eau sale" partagée, afin que nous puissions échanger nos impressions (et appréhensions !) musicales sur l'Eau Sale. L'idée, c'est que chacun vienne y mettre, petit à petit, les morceaux qui lui semblent se rapprocher du thème abordé par ce roman (même si vous l'avez pas lu, vous avez bien une petite idée).
Pour MOI, cette playlist m'accompagnera dans mes corrections, me fera découvrir de nouveaux morceaux, m'inspirera sans doute de nouvelles scènes... Pour VOUS, ce sera l'occasion de baigner dans la vision des autres, de découvrir, de commenter, de partager...
Il est très simple de participer : il suffit d'avoir un compte (gratuit) sur deezer et d'ajouter sur la PlayList "Around Dirty Water" les morceaux que vous aimez et qui vous semblent proches du thème du roman...
Vous pourrez ensuite écouter la playslist directement sur deezer ou ici même, sur la page Eau Sale OST
Voici le lien qui permet de participer...