L'Eau Sale
26fév/101

Prenons une large inspiration…

...parce qu'il se passe des choses sur le front de l'eau sale.

Je vous en dis plus dès demain, le temps que je digère et que j'évalue le travail qui reste à accomplir.
Mais les choses bougent.

Remplis sous: Corrections 1 commentaire
25fév/101

« It’s just a tired old man… »

Il faudrait.
Je devrais.

Faire quelque chose.

Peu importe.

Je suis dans le canapé. Je ne bouge pas. Je ne peux pas bouger.

Quelque chose.
Quelque chose dans ma tête me dit de ne pas bouger.
Je ne bouge pas.

Nous sommes jeudi.
Déjà une semaine que j'ai arrêté de bosser.
Et
je
ne
fais
rien.

Je ne dors pas.
Je ne me repose pas.
Je ne vis pas.

Je reste là, inutile.

Tout demande un effort. Absolument tout.

Allumer l'ordi.
Mails en retard
Photos à poster.
Me faire un café.
Aller chercher le courrier.

Se demander ce que je pourrais faire pour que cette journée soit un tout petit peu moins pesante que la précédente.

Ranger.
Allumer la console.
Ouvrir un bouquin.
Regarder l'un des nombreux films que nicolaï m'a prêté.
Sortir.
Aller voir les films que j'ai raté.
Sherlock Holmes invictus Mr Fox.
Tout ça.

Rien.
Je n'y arrive pas.

Trop épuisé pour dormir.

Je reste là.

Je contemple les dégâts.

Mails en retard. Apitoiement sur soi. Appartement en bordel. Médicaments à prendre.
Dehors le ciel est gris.

Je voudrais quelque chose qui.
Me réveille.

Une mission, un défi.

Je voudrais.
Savoir que j'ai encore quelque chose à faire.

Mais tout semble tellement loin.

Et je me surveille du coin de l'oeil.
Par peur.
Quel le sentiment bien connu.
Ne ressurgisse.
La culpabilité.
La honte.
Celle qui pousse à raconter à tout le monde.
Que Tony Arcaro est bel et bien vivant.

20fév/100

L’eau sale @ home : by Orianne

Orianne, journaliste de son état, est une vraie aventurière. En effet, elle a trainé ses baskets ici ou là, de Paris à Bordeaux en passant par des coins sombres comme Marseille. ;-)

Récemment elle a même tenté de faire rentrer l'Eau Sale dans le sac qui devait l'accompagner au Sri-Lanka. On imagine le voyage...

Maintenant elle est de retour. Et elle est armée de lunettes aussi glamour que pratiques.

Bonne lecture !

L'eau sale by Orianne

L'eau sale by Orianne

19fév/101

A terre.

Mercredi soir.

C'est une rue qui monte, dans le 20e. Capitaine Ferber. A  du même nom que j'avais rencontré à l'époque de pleutiL. Johan Faeber. Les folles nuits parisiennes et la littérture hype à lui tout seul.

Enfin bref.

Je suis dans cette rue et le monde tourne à l'envers. Fièvre froide.Impression d'être glacé de l'intérieur. Vertiges. Malaise en cours. Depuis que je suis sorti du taff. Vraiment mal. Et cette montée, interminable. Et tout tourne de plus en plus. Il pleut et je vacille, comme s'il suffisait d'une goutte d'eau pour que je m'écroule.

Je me revois, la veille, dans le cabinet de la médecine du travail. "Vous pensez pouvoir tenir ce rythme encore longtemps ?" Je sens la pression du tensiomètre sur mon bras, comme Julia ce matin-là. Je revois le médecin aligner les mots. Cardiologue. Convocation. Employeur. Inspection. Inconscience.

Et dans le rue je n'avance plus. Souffle court, poitrine défoncée, je n'ai plus aucun équilibre. Je ne peux plus marcher. Voile noir sur voile noir, je tente de rester conscient. Et je me laisse glisser. Tout doucement.

A terre.

Juste un genou. Un genou qui trempe sur le trottoir mouillé. Un genou au sol. Echine courbée. Pluie qui ruisselle. Atteint. Un genou à terre devant les obligeances de la nétéconomie.

Aveugle, je ne suis pas sûr de que je ressens. L'appartement de Régis est juste là, juste en haut de cette putain de rue. Colonel Faerber.

Juste un genou. Pas les deux. Jamais les deux. Juste un genou. Aveugle, au bord du malaise. Et c'ets à cet instant précis, aux portes de l'inconscience, que je réalise que je ne peux plus continuer de la sorte. Que je ne peux plus continuer de jouer les fantoches dans une absence de reconnaissance.

Un genou à terre.

Pas les deux.

Jamais les deux.

Les minutes tombent. Une poignée. Je ne bouge pas. Immobile. Presque aveugle.

Je ne peux pas rester ici.

Allez !

Je repars en vacillant, dans cette montée vers nulle part. Fines gouttelettes qui s'écartent sur mon passage. Je marche à peine mais je sais que je me déplace. Les portes, la clé. pas chez moi, mais un peu quand même.

Sauvé.

Je m'allonge. Je raconte ma vie à régis. Il fait ce que je fais à sa place : il s'inquiète peut-être mais ne le montre pas. Notre conversation badine me tient en surface, même si je suis dans un lit, glacé.

La soirée sera agréable. La nuit sera calme.

Le lendemain matin, je narre cette légère mésaventure à ma chef. Tout d'abord elle se dit préoccupée, mais elle se reprend très vite :

"en tout cas je sais que ça ne peut pas venir du travail : tu es juste un angoissé de la vie"

Sur le coup, je n'ai rien répondu.

Le soir même j'étais chez un médecin qui m'a arrêté d'office pour 15 jours, après avoir un peu tiqué devant ma tension de 16.8.

"Ca ne peut PAS venir du travail".

Pauvre aveugle.

17fév/100

L’eau sale @ Home : Monsieur Neku

Monsieur Neku est un singulier personnage, tout en paradoxes et en déliés.
A la fois ultrasédentaire et SDF, il n'a en général pas d'argent pour se nourrir mais il dispose du tout dernier Mac, de toutes les consoles du marché, et du téléphone/netbook/Macbook/éditioncollector/figurine/PDA/iPod de la mort qui tue. Monsieur Neku vit en marge du monde, mais il trempe quand même les pieds dans l'eau sale... Je ne peux que l'en remercier.

Le site de Monsieur Neku : http://www.monsieurneku.fr/

L'eau sale by Monsieur Neku

L'eau sale, by Mr Neku