Pas envie / Pas le courage de.
Parler.
Alors je me tais et j'écoute. Je lutte, un peu. Je tente de reprendre le dessus. De me lancer sur quelque chose de constructif. Sans beaucoup de résultat, j'avoue. Je fais le bilan.
Pas grand chose.
Toujours malade.
Je vais essayer de retourner à Paris la semaine prochaine.
Histoire de.
On me presse, on me demande.
Et les mots ne sortent pas.
De moi.
Merci à tous ceux qui ont fait l'effort de me faire signe, dimanche.
pour le meilleur et pour le pire, mon téléphone alzheimérique a effacé tous les messages le lendemain.
Aucune trace
De vie.
De moi.
Beaucoup de choses à faire.
Et je reste là.
Je lis.
J'écoute.
Je regarde.
Et je ne dis.
Rien.
Et si ça ne vous plait pas.
Vous savez ce que j'en pense.
C'est à dire.
Rien.
Sorti…
Hier soir, je suis sorti de l'Hôpital pour rentrer chez moi.
J'étais parti pour 2-3 jours, je serai finalement resté une semaine. J'ai pris énormément de notes sur cette escapade, j'ai pris quelques décisions.
Je ne suis pas guéri, mais au moins je sais "ce que je n'ai pas".
Merci à tous ceux qui m'auront envoyé un petit mot, par mail facebook ou autres.
Quoi vous raconter d'autre ?
Toujours des vertiges.
Demain j'ai 36 ans.
...
Je vais me poser deux secondes pour assimiler tout ça.
Prenez soin de vous.
Quelques secondes de souffle…
Un petit message en coup de vent, puisque j'ai pu bénéficier d'une "perme" bienvenue pour lire mes mails, (en travers) et venir chercher du linge propre.
L'hospitalisation s'éternise et me rend malheureux. J'étais parti pour deux jours et je découvre petit à petit que j'en ai au moins jusqu'à samedi matin. Peut-être devrai-je souffler les bougies sur mon lit d'hôpital. J'ai hâte d'y être.
Je ne peux pas dire grand chose sur ce qui se passe. Je ne me sens pas mieux et les hypothèses sont explorées une à une. Tant qu'on ne trouve pas, cela prend du temps.
Chaque soir je m'endors à l'hosto, seul dans ma chambre à la con. L'étage est rempli de vieillards à demi paralysés qui se demandent ce que je fous là.
J'avoue que moi aussi.
Je vais bientôt changer de service, je pense... Passer de cardio en pneumo ou en neuro ou en je ne sais pas quoi. Là, tout en écrivant ce message, je suis appareillé avec un merveilleux "holter" portable et plein d'électrodes qui m'arrachent les poils. Epilation gratuite : non facturée.
Marre.
Si vous saviez. Vraiment marre.
J'écris pas mal, cela dit. Mes journées d'hosto, des plans pour un roman, des textes sur Marseille... j'ai refusé qu'on me mette la télé dans la chambre, alors je bosse et je gratte le papier...
Mais le temps reste long.
Je vais devoir y retourner, je vous embrasse tous très fort.
...
Roses in the hospital
Roses in the hospital
Try to pull my finger nails out
Roses in the hospital
I want to cling to something soft
Roses in the hospital
Progressing like a constant war
Roses in the hospital
There's no one to feel ashamed for
All we wanted was a home
Now we're so strung out we wanna own
Like a leaf in the autumn breeze
Like a flood in January
WE DON'T WANT YOUR FUCKING LOVE
Roses in the hospital
Stub cigarettes out on my arm
Roses in the hospital
Want to feel something of value
Roses in the hospital
Nothing really makes me happy
Roses in the hospital
Heroin is just too trendy
All we wanted was a home
Now we're so strung out we wanna own
Like a leaf in the autumn breeze
Like a flood in January
WE DON'T WANT YOUR FUCKING LOVE
Roses in the hospital
This century achieved so much
Roses in the hospital
To make a voice no voice at all
Roses in the hospital
Flowers cannot express the loss
Roses in the hospital
Torn reflections of burnt out trash
Of burnt out trash
Forever ever delayed
Forever ever delayed
Forever
Forever
Forever ever delayed
Independence is a game
Forever ever delayed
Credibility, I'm yawning
Forever
Forever
Rudi Rudi Rudi Rudi gonna fail
Forever ever delayed
Forever delayed
Forever
Forever
Forever delayed
The West scratches onto my skin
Forever delayed
Contagious like a suntan
We never felt any sun
Le parfum matinal des villes du sud
Ce parfum...
Ce parfum, c'est quelque chose d'indéfinissable et pourtant, quelque chose de très fort, qui a su me séduire depuis la petite enfance...
C'est le matin. C'est toujours le matin. Vers 8 heures et demie, vous ouvrez les volets, ceux en métal qui se replient, un peu rouillés sur les bords et qui grincent sur la fin. Immédiatement, une odeur très particulière vous touche le visage. C'est un parfum léger, enchanteur, chargé d'interminables effluves. Vous respirez, vous aspirez. Avidement.
Puis vous regardez.
Sous vos yeux, le décor est typiquement urbain : immeubles, voitures, passants, grues, parcmètres... Mais à bien y regarder, et surtout à bien y sentir, la grande ville révèle de nombreux trésors cachés... Elle est inondée de soleil printannier, de mouettes qui se laissent porter par le vent et d'arbres en fleurs. Et il y a cette odeur, cette odeur, typique du matin, mélange indéfinissable de béton chauffé par le soleil, de fleurs, d'air marin et de linge qui sèche sur les balcons. On ne le sent que lors des premières heures du jour, avant que le soleil ne dégouline en plomb fondu et fasse ressortir la sueur, la puanteur des poubelles oubliées et l'essence échappée des voitures.
Mais le matin, à l'ouverture des volets, avec ce petit vent frais qui vient adoucir le soleil, c'est un pur délice que de se retrouver sur le balcon, café en main, pour humer les effluves d'une ville du sud au printemps. Je me souviens de ma grand-mère, qui ouvrait les mêmes volets à Montpellier, il y a quelques décennies de cela, je me souviens de cette même odeur, un odeur de vacances et de légèreté. Je me souviens que je partais en éclaireur rue Chaptal pour aller acheter le Midi Libre, et que je humais à pleins poumons cet air doucement baigné de ce soleil encore sage.
Cet indescriptible parfum, c'est celui des promesses et des possibles, une odeur qui éveille en moi l'impression que la journée va exister et non pas seulement "passer". Une odeur d'enfance, sans doute, tant persiste en moi le souvenir de ma mère et moi sur le quai de la gare, sortant du long TGV orange et savourant ce changement d'air.
J'ai habité plusieurs endroits, tous chargés d'odeurs agréables ou désagréables, odeur de pain chaud et de croissants devant la gare SNCF de Chelles chez mon père, odeur de riz cantonais au dessus du restau thaï chez ma mère, odeurs de pierres chaudes et de terre mouillée à Montpellier, lorsque le béton chauffé à blanc par le soleil était soudain frappé par la pluie d'orage, parfums mélangés du marché à La Varenne... mais je suis heureux de me laisser encore surprendre par cette odeur délicieuse de matinée de printemps aux faux airs de chat paresseux.
Sur la bacon, café en main, je regarde. Les arbres, les oiseaux, la vieille église, si belle dans le soleil. Je bois une gorgée et je regarde. Les gens, le linge qui sèche, les voitures qui klaxonnent, la maternité, l'hôpital.
L'hôpîtal.
Je retourne dans l'appartement. Sur la chaise, mon sac à dos est ouvert. Des affaires, des papiers à ne pas oublier. Trousse de toilette, brosse à dents, téléphone. Je ne sais pas ce que je dois y mettre, je me sens perdu, un peu dépassé. Effrayé, sans doute. Mutuelle, carte d'identité, clefs. Quoi d'autre ? Des livres. Boulet, Hammett, Bruen.
Quoi d'autre ?
Je tourne, je ne sais pas.
Quoi d'autre.
Ah oui. Chaussettes.
Quoi d'autre ?
Papiers.
Scanner, electrocardio. Ordonnance.
Je serai hospitalisé à 14h.
L'odeur, déjà, ne sera plus la même.

