Replay Value
Je fais les comptes et je réalise que l’Eau sale crée autour d’elle un silence quasiment religieux. Jugez par vous mêmes : un mois après le premier envoi, j’ai récolté 3 retours sur 25 lecteurs. Au niveau stats, c’est short, mais ça me fait sourire. J’imagine bien les lecteurs relire la dernière phrase, soupirer et se dire « qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui dire sur son machin »…
Les réactions me font peur et pourtant je les guette. Le plus souvent possible, je me connecte sur ma boite mail, histoire de voir si un nouveau commentaire ou une demande d’un nouveau lecteur ne serait pas arrivée. Tous les jours je vérifie mes spams, je rafraichis la page. Parfois je fais exprès de faire durer le moment où je relève mes mails, me comparant sans mal à celui qui guette pour voir si son téléphone va enfin sonner après un premier rendez-vous.
"J'te rappelle".
Je sais fort bien que chacun a sa vie, et je n’en veux évidemment à personne d’avoir mieux à faire que de se perdre entre mes lignes. Ma recherche d’écho n’est évidemment pas égoïste à ce point… C’est juste une sensation qui m’échappe, un peu comme un caprice. Peur de savoir, envie de savoir, le tout se mélange dans une conscience de respect de l’autre mais aussi de besoin incoercible.
I just fuckin can’t help it.
Tout le monde, heureusement pour ma santé mentale, n’est pas muré dans le silence : chaque matin, Nicolaï Maldavsky délaisse son Bandeau Sexy pour m’offrir des réactions de lecture en temps réel, avec un petit commentaire en fonction de ses avancées. Il soulève les problèmes, les interrogations, les approximations parfois, mais il ne laisse pas tomber en route, ce qui est pour moi une petite victoire.
Il y avait un petit message, ce matin, juste pour m’indiquer qu’il avait fini…
….et qu’il devait relire le début.
Replay value : un mal répandu, à ce que je vois.
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février 7th, 2010 - 15:31
Le silence a dû se rompre aujourd’hui…
février 7th, 2010 - 16:53
Tu es bien informée.
Oui et non, en fait.
Oui, parce que j’ai bien reçu quelque chose, un commentaire assez détaillé sur les forces et faiblesses du roman.
Non, parce que la lectrice admet ne pas avoir dépassé la page 145 du roman, ce qui crée quand même un climat assez particulier pour les commentaires, qui ne sont pas éclairés par une série d’informations importantes pour la compréhension du début.
Du coup je ne sais pas trop comment prendre la chose : car le problème avec un twist, c’est que toute personne qui quitte la salle avant la fin ne peut faire des commentaires que sur un premier degré. Cela reste intéressant, mais forcément faussé.
février 9th, 2010 - 15:14
Bon, bien sûr, elle n’a pas terminé, c’est vrai. Mais je crois que ce commentaire peut être précieux parce qu’il a l’avantage de s’intéresser aussi aux horizons autour du roman (ce dont je serais pour ma part incapable). Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les éditeurs ne poussent parfois pas la lecture jusqu’à la page 145… C’est sûr qu’il lui manque des éléments pour comprendre le pourquoi du comment. Mais il ne faut pas toutes les considérer pour faussées pour autant, selon moi. A toi de voir, évidemment, ce que tu en fais.
février 9th, 2010 - 16:16
Ah nan mais c’est très intéressant, hein…
Et ce n’était pas une critique. Mais c’est la première fois que je reçois des commentaires qui sont 100% axés sur la forme.
Après je pense qu’elle a raison dans ses remarques négatives : très difficile à faire publier car trop d’efforts demandés au lecteur, plus à la mode, trop cru a son goût, etc.
Mais quand je dis que je trouve cela faussé, c’est parce que je mise un peu tout sur la fin (ce qui est un défaut, j’en ai pleine conscience) et que des commentaires qui n’en tiennent pas compte me font bizarre. C’est précieux dans le sens ou c’est vraiment le style qui est passé à la moulinette, et où ça me permet de comprendre ce que ressentiront ceux qui laisseront tomber en route.
Après, quand elle me demande pourquoi je mets « qu’il lui ressemble » un peu partout, je ne peux que sourire gentiment