L'Eau Sale
15juin/100

L’Eau sale, c’est fini.


Depuis vendredi dernier, une nouvelle version de l’eau sale a vu le jour. Elle a fait un peu de régime : elle a perdu 40 pages pour cette nouvelle mouture.

Les principaux changements concernent :

  • Un style moins démonstratif et qui s’appuie beaucoup plus sur la gestuelle.
  • La suppression d’effets de styles un peu poussifs.
  • Quelques soucis de cohérence remis à plat.
  • La suppression du flashback « off and on » au moment où on alterne plage et enterrement. Seule la plage a été maintenue.
  • Une "surprise" pour ceux qui l'auront déjà lu.

Globalement, je suis content. Après deux ans de travail sur ce roman, je trouve qu’il ressemble enfin à ce que j’avais en tête. Reste à trouver l’éditeur qui sera prêt à prendre le risque. Le risque, oui. Car même si je fluidifie un peu les choses de version en version (que je me refuse à compter), je sais désormais que le message final restera toujours incompréhensible pour certains lecteurs, et que cela pose un véritable problème dans le sens ou le « flou gaussien » de la première partie ne se justifie que si la fin est comprise.

Si le lecteur est à l'aise dans l'univers, tout se passera bien. S'il reste à l'écart, tout lui semblera superficiel et froid, et il ne comprendra pas (ou refusera de comprendre) la mécanique des liens entre les personnages.

Deux ans pour arriver à cet équilibre instable, à cette recherche d’effet, qui a pour unique but de faire ressentir au lecteur un malaise de plus en plus glacé alors qu’il assimile, petit à petit, la vérité. Là, j’en arrive à un moment de mon existence où j’ai vraiment besoin que l’on croie en moi, où j’ai clairement besoin d’une main sur mon épaule pour faire progresser mon écriture, pour la défier et la sublimer.

Bref, j’ai besoin d’un écho.

Cette dernière lecture de l’eau sale m’incite à penser que je ne pourrai plus changer grand-chose au texte, que l’histoire a atteint ses propres limites, et qu’on pourra toujours peaufiner sans fin sans vraiment changer grand-chose. En attendant, l’Eau sale est (à nouveau) terminée, moins étirée qu’auparavant (210 pages au lieu de 250), mais toujours aussi boueuse.

A la bonne vôtre.

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About Olivier F. Thomas

L'auteur. A ce jour, plus célèbre pour sa mauvaise humeur et son spleen que pour ses écrits. Parisien pur et dur, délocalisé dans le sud pour cause de coup de foudre, il apprend patiemment le mal de vivre aux palmiers. L'eau sale, roman tordu en cours d'écriture, est son quatrième ouvrage.
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