L'Eau Sale
21déc/090

L’Eau Sale, v4

Voilà, une nouvelle version de l'Eau Sale, achevée il y a quelques minutes.

Hormis un passage que je trouve un peu "léger", j'ai suivi les aventures de Julia de bout en bout, sans déplaisir.

Je n'ai encore aucune idée de la façon dont je vais organiser la suite, les impressions, les recherches d'éditeurs, les lectures, etc.

Juste envie de vous glisser un petit mot, pour vous dire que les choses avancent, pour vous dire que c'est une étape importante qui s'achève aujourd'hui.

La première version lisible de l'eau sale...

15déc/090

Page 132

P060209_22.00[01]Train d'enfer : je travaille aussi souvent que possible, pour tenter de lisser ce qui peut encore l'être. Pas grand chose à raconter, si ce n'est que les passages me semblent chaque fois un peu plus fluides et un peu moins pénibles à la lecture.

J'ai hâte d'aller au bout,  de lire les remarques des uns et des autres...
J'ai hâte de chercher un éditeur, de collectionner les lettres de refus.
J'ai hâte de passer à autre chose, aussi.

Si je fais état de la page 132 (atteinte ce matin, dans le train), ce n'est pas un complet hasard. A ce jour, mon fichier word comporte 264 pages. J'ai recommencé la page 1 il y a 18 jours.

Faites les maths vous-mêmes. :)

25nov/097

Putain…

P100209_13.36

A l'origine, je devais aller m'acheter un jeu vidéo. Je ne sais pas lequel... Assassin's Creed, Modern Warfare, Blood Bowl... Peu importe à la limite. Désir compulsif d'achat, en dépit de mes impôts à payer, en dépit de mon envie de faire des cadeaux, en dépit de ma capacité à être moi.

Au lieu de cela, je suis descendu dans une salle de réunion, pour relire tranquillement mon premier chapitre.

Grosse claque dans la gueule : il est illisible.
Deux phrases sans le moindre sens, une quinzaine d'approximations, des lourdeurs un peu partout.

Un peu envie de pleurer, un peu envie d'abandonner.
J'ai repris les corrections, au premier mot.

Une quatrième version, donc.

Hervé, Cécile, laissez tomber, j'ai fait n'importe quoi, le texte n'est pas prêt.

C'était si pratique de vanter la fin d'une version...
Mais la vérité, c'est que rien n'est fini. Le texte est bancal, incomplet, illisible.

Gros coup au moral.

Putain.

1oct/090

Tout finit comme tout commence comme tout finit

Ca commence par une porte qui se ferme. Je tiens la clé, sans regrets, pour la dernière fois. Je suis venu ici pour de mauvaises raisons, j'en pars enfin. Mon sac est chargé, les souvenirs pèsent lourd. Des sourires, des larmes. Tout ce qu'il faut.

Et le train m'emporte.

Il y a quelques jours de cela, j'étais dans le RER. Je me faisais la réflexion qu'avec ma barbe, mon t-shirt froissé, mon regard vitreux et mes sacs Casino remplis à ras bord de bric à brac, on devait me prendre pour un clochard. L'image ne me dérangeait pas outre mesure : je flirte avec cette triste trajectoire depuis des années. J'ai un roman inachevé qui m'attend sur la question, et une certitude de tragédie dans le sang. Assis dans le fond du wagon, je regardais droit devant moi, avec le regard fixe de ceux qui savent quelque chose.

Pur jeu d'acteur, j'en conviens.

Je regardais droit devant sans regarder personne. Je fixais le mur du fond, les publicités pour apprendre l'anglais ou pour des matelas achetés par Internet. Je regardais les vitres rayées, les sièges tâchés. Je me disais que ce serait facile de commencer les choses ici. De balancer clefs et papiers sur la voie, comme mon personnage d'Hymen, et de voir ce qui arrive après. Est-ce que je saurais trouver les ressources pour survivre, dans ce monde extérieur où tout devient brutalement vrai et réel ?

Une nuit dehors, puis une autre...

Evidemment je ne l'ai pas fait. Je suis descendu à Nation, avec mes sacs...

Deux jours plus, tard, j'ai rejoué la scène avec un élément supplémentaire : j'ai claqué la porte en laissant les clefs dans l'appartement. Constat simple : aucun moyen de revenir à l'intérieur. Mission : trouver un serrurier. Nous étions dimanche, il était 13h. Je suis parti en Live.

Dans mes actes manqués, je suis le meilleur.

Jouer au clochard AVEC un trousseau de clefs m'avait-il paru si peu crédible que je me sente obligé de réitérer l'expérience SANS ?

Allez savoir...

Aujourd'hui, depuis quelques heures, je n'ai plus de clefs. Je roule en TGV vers le sud, vers ma prochaine demeure. Aujourd'hui, pour la toute première fois de ma vie, je ne suis plus parisien. Je quitte les trottoirs gris et mouillés pour rallier les palmiers et les mouettes. Tous ceux qui m'ont approché un tant soit peu n'y croient pas. Un Olivier peut-il pousser loin du Pont des Arts ?

Je ne sais pas. Je sais juste que j'ai envie de vivre cette nouvelle existence qui me tend les bras. Je ne suis plus le même que ce 25 avril 2007 où, pour la première fois, j'avais tourné la clé dans la serrure de ce studio. Les cheveux sont tombés, les rides se sont accentuées, la barbe s'est teintée de gris. J'ai la phrase plus sûre et le regard moins naïf, aussi. Je sais ce dont je suis capable, je sais quelles sont mes limites.

A propos de limites, j'ai à ce jour deux romans inachevés, mais l'un d'entre eux, l'Eau Sale, est en bonne voie de voir le jour prochainement. Je n'y ai que très peu touché depuis deux mois, et pourtant je le sens mûrir malgré-moi, comme si le fichier se modifiait tout seul dans un recoin de disque dur. Une fois que je n'aurai plus la fausse excuse d'un déménagement en cours pour me tenir éloigné des choses importantes, il verra fatalement le jour d'une façon ou d'une autre.

Il ne me reste pas tant de choses que cela à faire, en plus. Toujours cette seconde partie à restructurer. Toujours la troisième à rendre plus fluide et peut-être un peu moins cliché.

Ensuite, je pense que je lirai ENFIN les commentaires des uns et des autres sur le roman, afin de savoir si les corrections qui j'apporte vont « dans le sens du courant », ou si je me suis enfoncé davantage encore dans mes propres méandres.

Je ne donne plus de dates, ce serait plus qu'inutile. Tout ce que je peux affirmer, c'est ma volonté d'aller au bout de ce roman, tant pour moi que pour ceux qui y ont participé et pour ceux qui y ont cru.

Ca peut prendre deux semaines comme deux mois comme deux ans. Il est toujours difficile, pour un écrivain, de décider de la fin d'une histoire. On a toujours envie de rendre les choses plus fortes, plus douces, plus réelles ou plus floues. La frontière entre le dernier chapitre et le premier est souvent floue. C'est comme l'espace qui sépare le premier tour de clé dans une serrure du dernier claquement de porte. Tout finit comme tout commence comme tout finit et on ne peut que se borner à vivre les interstices de nos propres histoires.

Il en est ainsi des écrivains, mais aussi des autres, de vous, de tous ceux qui ne sont pas fous. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, c'est tout.

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OFT